Nous, 185 syndiqués du SNUDI FO de LA RÉUNION réunis le mardi 8 octobre 2024 en ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ÉLECTIVE à l’Étang salé avons échangé sur la situation près de huit semaines après la rentrée scolaire.
Nous constatons que cette situation est d’une gravité inédite.
Sur le plan international, la guerre s’amplifie en Ukraine et au proche Orient où le génocide en cours en Palestine s’intensifie. Nous estimons que c’est la place et la responsabilité du mouvement syndical que de tout mettre en œuvre pour que cesse l’escalade guerrière en Ukraine et en Cisjordanie et pour que cesse le massacre du peuple palestinien.
Nous soutenons notre fédération qui exige l’arrêt des livraisons d’armes et faisons nôtre l’appel des unions régionales d’île de France.
Une généralisation du conflit est en marche au proche orient mettant en danger tous les peuples de la région et bien au-delà. Les massacres en cours dans la bande de Gaza doivent cesser immédiatement comme en Cisjordanie. L’invasion de l’armée israélienne au Liban doit s’arrêter.
En Outre-mer, nous apportons notre soutien au mouvement de lutte contre la vie chère lancé depuis le 1er septembre 2024 en Martinique et condamnons la répression d’État à l’encontre de la population et des travailleurs martiniquais.
Nous exigeons également l’arrêt de la répression en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.
Sur le plan national national, le président de la République refuse de tenir compte du rejet qui s’est massivement exprimé dans les urnes, et décide de fouler aux pieds la démocratie en nommant Michel Barnier Premier ministre issu de la formation politique arrivée 4ème aux élections législatives.
Celui-ci a donc, sans surprise, annoncé lors de son discours de politique générale la poursuite et l’aggravation de l’austérité. Ainsi, il prévoit 40 milliards d’économie dans le budget de l’État !
Fusion de services, départs à la retraite non remplacés dans la fonction publique, appel aux enseignants retraités…
« Je vous demande d’en faire beaucoup avec peu. » A-t-il osé déclarer !
Alors que depuis des années, nous subissons une dégradation de nos conditions de travail par une accumulation de directives, d’injonctions, de tâches administratives supplémentaires, de réunions inutiles et chronophages, d’outils numériques qui, loin de faciliter le travail, nous imposent un rythme qui nous submerge. Évaluations d’école, évaluations nationales des élèves, plans maths/français, projets divers et variés qui se succèdent, nouvelle évaluation des directrices et directeurs d’école dans le cadre de la loi Rilhac. Inclusion systématique sans donner les moyens à hauteur des besoins spécifiques humains et matériels de chaque élève en situation de handicap ou à besoins particuliers et sans prévoir les structures et les personnels spécialisés nécessaires à certains élèves. La quasi absence de médecine de prévention pour les enseignants comme pour les élèves.
Le non remplacement des collègues en arrêt est devenu la norme alors que des remplaçants sont « bloqués » pour des formations continues d’une journée sans aucun intérêt la plupart du temps mais qui permettent aux collègues de souffler ne serait-ce qu’une journée… Le PACTE : travailler plus pour perdre moins. Des temps partiels sur autorisation refusés faute de PE pour compléter le poste. Ces demandes étant motivées la plupart du temps en raison de la surcharge de travail…
La formation continue comme la formation initiale actuelles ne répondent en rien aux besoins exprimés par les collègues.
Et, « cerise sur le gâteau », il faudrait faire deux ans de plus pour avoir droit à la retraite alors que de plus en plus de personnels sont épuisés, en burn-out et envisagent de quitter le métier ne voyant pas comment ils pourront « tenir » dans la durée.
La liste des revendications est longue…et les mesures prévues par ce gouvernement minoritaire va encore aggraver la situation !
Voilà pourquoi nous décidons de rappeler nos revendications communes, de faire l’état des lieux, de lister les besoins dans chacune de nos écoles et de discuter des moyens pour faire aboutir nos revendications en commençant par le renforcement de notre syndicat.
- Abrogation de la réforme des retraites : 62 ans, c’est déjà trop !
- Tout de suite, augmentation de 10% du point d’indice.
- Abrogation de la loi Rilhac et de ses décrets.
- Rétablissement des catégories de remplaçants : ZIL, BD et BDFC et créations de postes
- Prise en compte de l’AGS pour le passage à la HC des ex-instituteurs.
- Non à l’acte 2 de l’école inclusive.
- Création des postes pour l’enseignement spécialisé et pour les RASED
- Non au « choc des savoirs », aux évaluations d’école, au plan maths/français, aux évaluations nationales imposées.
- Un statut de fonctionnaire et un vrai salaire pour les AESH.
- La prise en compte de l’ancienneté et une véritable progression salariale pour les AESH
- Abandon de la mastérisation, recrutement à BAC+3 et véritable formation professionnelle de deux ans sans la responsabilité d’une classe à l’année.
- Formation continue, pour les titulaires, choisie par les personnels.
En ce qui concerne l’école « inclusive » :
- le maintien des établissements spécialisés et l’ouverture de places en établissement et classe spécialisés pour répondre aux listes d’attentes et aux besoins
- des moyens financiers et matériels à hauteur des besoins
- l’abandon des PIAL et des PAS
- la création d’une brigade de remplacement pour les AESH
Que la mesure locale citée c’est dire celle consistant à nommer 2 voire jusqu’à 5 AESH pour tous
les élèves ayant une notification de 16 heures sous le prétexte de les rendre autonomes et qui a pour conséquence de disloquer les emplois du temps des AESH et de desservir l’accompagnement des élèves soit discutée et étudiée au cas par cas en concertation avec les AESH et les PE
Discutons-en dans nos écoles, et préparons le rapport de force nécessaire pour faire aboutir nos revendications.
